¤ BIEN AMERES ELECTIONS LEGISLATIVES DANS LE VAUCLUSE!

Publié le par Cécile Helle / Photo: C. Carlus

"Certes, il y a la belle victoire de Michèle FOURNIER-ARMAND sur la première circonscription d'Avignon-Montfavet-Morières-Le Pontet permettant à la Gauche de reconquérir une circonscription qui lui échappait depuis 1997. Cette victoire vient conforter la dynamique de changement impulsée lors des élections présidentielles qui ont placé François HOLLANDE largement en tête sur Avignon avec 55% des suffrages. Elle s'inscrit aussi dans la dynamique électorale favorable à la Gauche constatée depuis les élections régionales de mars 2010 qui avaient permis à la liste conduite par Michel VAUZELLE d'être majoritaire avec 50,5%, pourtant dans le cadre d'une triangulaire. Toutes les conditions sont désormais réunies pour qu'en 2014 lors des élections municipales, Avignon bascule à Gauche. Les responsabilités qui pèsent sur nos épaules en tant que femmes et hommes de Gauche sont immenses, tant les attentes de changement au niveau local sont fortes. De mon côté, je ferai tout pour que les conditions de notre réussite collective soient réunies, au premier rang desquelles je positionne l'exigence de rassemblement au sein du Parti socialiste d'abord, au sein de la Gauche toute entière ensuite. A mes yeux, d'autres évidences devront s'imposer: celles du renouvellement et du non-cumul des mandats, notamment...

Partout ailleurs dans le Vaucluse, les lendemains des élections législatives ont été douloureux, venant confirmer l'importance du vote en faveur du Front national. A tel point que sur les trois députés d'extrême-droite qui siégeront désormais au Palais-Bourbon, deux sont issus de notre département. Mais c'est aussi ce vote extrême qui permet au candidat de l'UMP de l'emporter de quelques centaines de voix sur Jean-François LOVISOLO dans la 5ème circonscription, confirmant les passerelles stratégiques et idéologiques qui existent dans notre région entre les leaders UMP et FN, mais également la porosité de leurs électorats respectifs, préfigurant sûrement ce que sera demain la recomposition de la droite.

Au-delà de ce constat amer, au-delà de la dénonciation de cette droite sans complexe et sans état d'âme, il nous faut tirer les leçons de cet épisode électoral qui est malheureusement venu confirmer l'ancrage des idées frontistes.

Première leçon à retenir: quand la Gauche n'est pas unie, elle perd. Cela a été vrai dans la 2ème circonscription, où notre désunion au premier tour a entraîné la disqualification de nos candidats, laissant la voie libre à un affrontement UMP/FN toujours déroutant pour notre électorat. Cela l'a été aussi dans la 3ème circonscription, où l'absence de candidature unique de la gauche au 1er tour a positionné favorablement le 10 juin au soir la candidate FN et a soulevé la question du front républicain pour le second tour suscitant au PS comme au Front de Gauche des déchirements qui laisseront des traces et qui ont déboussolé, découragé notre électorat. A l'avenir sur ces terres où le FN menace, la seule stratégie qui vaille à mes yeux est la stratégie de l'union qui implique de mettre au second plan nos appartenances partisanes ainsi que les légitimes ambitions individuelles des uns et des autres. Elle implique aussi d'anticiper sur les échéances futures, notamment les Municipales, pour éviter que ne basculent à l'extrême-droite certaines de nos communes et de nos villes.

Deuxième leçon à retenir: la Gauche, quand elle est aux responsabilités dans les collectivités territoriales doit agir, ce qu'elle fait plutôt bien, mais elle doit aussi faire parler d'elle, ce qu'elle fait beaucoup moins. Elle doit être à la fois dans le savoir faire et le faire savoir. Ce que je veux dire par là, c'est qu'elle doit montrer que la société qu'elle invente chaque jour au niveau local en agissant au plus près des citoyens et de leurs préoccupations, dans les municipalités, dans les conseils généraux et régionaux témoigne de ce socialisme à visage humain qui cultive solidarité et modernité, excellence et exigence républicaine, égalité et inventivité. A ce titre, je pense que nous nous devons d'opter pour une communication plus offensive, plus directe, sûrement plus politique aussi.

Troisième leçon à retenir: la Gauche se doit de réorienter ses politiques d'intervention, notamment toutes celles qui ont une dimension territoriale, vers les communes périurbaines, celles qui ne sont déjà plus des territoires ruraux, tout en n'étant pas encore des territoires urbains. Les habitants de ces communes se vivent en effet aujourd'hui en délaissés voire en oubliés des politiques publiques. Ils subissent plus qu'ils ne choisissent leur éloignement à la ville-centre qui continuent de concentrer les emplois, les services et la plupart des commerces et loisirs. Or c'est aussi ce mal-vivre qui expliquent le vote extrême. Il y a dès lors, un grand paradoxe lorsque l'on parle d'aménagement du territoire à agir pour les villes et leur banlieue, ainsi que pour les campagnes et leurs villages, sans se soucier vraiment de cet "entre-deux" qui correspond pourtant aux zones qui ont été les plus soumises ces dernières décennies aux poussées démographiques et aux pressions foncières qui leur sont associées.

Vous l'aurez compris, à mes yeux, dans le Vaucluse comme sur Avignon, c'est maintenant que tout commence!"

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