¤ DECLARATION DE CECILE HELLE SUR LES LEGISLATIVES
POURQUOI J'AI DECIDE DE NE PAS ME PRESENTER AUX ELECTIONS LEGISLATIVES
"Après avoir beaucoup réfléchi et échangé, j’ai finalement décidé de ne pas présenter ma candidature à l’investiture aux élections législatives de juin 2012 dans la 1ère circonscription de Vaucluse. Je sais que cette décision va surprendre voire décevoir certaines et certains d’entre vous.
Députée de cette circonscription de 1997 à 2002, candidate de notre parti en 2002, soutien de François HOLLANDE lors des Primaires citoyennes, ma candidature paraissait en effet légitime. J’ai fait un autre choix et je souhaitais m’en expliquer.
La première des raisons est ma conviction profonde, pour avoir exercé pendant 5 ans ce mandat de député, qu’il s’agit d’un mandat qui requiert que l’on s’y consacre à 100% de son temps. A ce titre, je suis contente que les derniers textes que nous avons votés relatifs à notre projet présidentiel instaurent ce mandat unique des parlementaires, nous mettant ainsi en conformité avec ce qui se passe dans les autres pays européens. La fonction principale d’un député est en effet de faire et de voter la loi, ce qui implique une forte présence à l’Assemblée nationale. C’est une responsabilité passionnante, notamment dans le contexte de participation à une majorité gouvernementale. Dès lors, je comprends parfaitement qu’elle puisse susciter des aspirations.
Toutefois et vous l’aurez compris, pour moi, cette responsabilité ne peut passer que par un engagement fort devant nos concitoyens à assumer ce seul mandat parlementaire et pour une durée de 5 ans: il en va en effet du renouveau démocratique que nous appelons tous de nos vœux, de la loyauté aussi vis-à-vis des électeurs qui nous donnent en confiance leur voix pour les représenter. Aujourd’hui cette exigence citoyenne et démocratique que je partage me conduit à ne pas me lancer dans cette bataille des Législatives. Mes priorités politiques sont en effet ailleurs: à la Région d’abord, à Avignon ensuite.
Comme vous le savez, je suis actuellement vice-Présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur au côté du Président Michel VAUZELLE. Elue depuis 2004 au sein de la collectivité régionale, j’ai la chance depuis 2010 de participer à l’exécutif régional et d’assumer des responsabilités passionnantes sur les enjeux d’aménagement de notre Région afin de faire reculer les disparités entre les territoires et les inégalités grandissantes qui touchent malheureusement nos concitoyens. A travers ce mandat que vous m’avez donné, à travers cette responsabilité que le Président Michel VAUZELLE m’a confiée, j’ai le sentiment d’agir forte des valeurs de solidarité et d’égalité qui fondent la Gauche, et ce faisant d’être utile à la majorité régionale, aux habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur et au territoire d’Avignon en soutenant de nombreux projets importants pour l’avenir de notre agglomération (liaison ferroviaire entre les deux gares, confortement des digues du Rhône et de la Durance, création de la pépinière d’entreprises Pégase, aide à la réalisation du projet de La Fabrique, salle de répétition portée par le Festival d’Avignon, soutien aux acteurs culturels et associatifs…).
Or la circulaire 1382 portant sur les modalités de désignation des candidats socialistes aux élections législatives oblige, pour être en conformité avec les règles sur le cumul des mandats, tout membre d’un exécutif à s’engager à abandonner ses responsabilités dans un exécutif local au plus tard en septembre 2012. Je partage bien évidemment, et vous l’aurez compris, les objectifs recherchés à travers cette disposition mais j’aurais l’impression d’inachevé et de rupture de confiance avec les électeurs, avec vous, militantes et militants socialistes, enfin avec le Président Michel VAUZELLE et mes collègues conseillers régionaux si je prenais un tel engagement. Je suis en effet convaincue que dans le contexte de défiance qui entoure aujourd’hui le et la politique, il faut en finir avec les pratiques, encore trop répandues, de "zapping" électoral, qui consistent à se présenter à chaque échéance quelle qu’elle soit et à abandonner en cours, un mandat pour lequel on s’est battu souvent âprement, y compris en interne. Ces types de pratiques sont à bannir et ne correspondent pas à la vision que j’ai de l’engagement politique et des valeurs démocratiques.
C’est d’ailleurs cette conviction qui explique la dernière des raisons qui me conduit à ne pas présenter ma candidature à la procédure d’investiture. Depuis quelques temps maintenant, je n’ai pas caché qu’une responsabilité m’intéressait plus que toute autre: celle de maire. Vous savez tout autant que moi, le défi que représente pour l’ensemble de la Gauche, la reconquête d’Avignon, après trois mandats de Marie-Josée ROIG. Les attentes sont nombreuses, la dynamique de développement économique n’est pas au rendez-vous, aucun projet d’avenir ne se dessine, nombre d’Avignonnais se sentent abandonnés et vivent des situations d’extrême précarité. A mes yeux, il y a urgence à créer dès aujourd’hui les conditions de cette victoire pour redonner espoir à celles et ceux qui sont dans la souffrance et qui aspirent au changement.
Ces conditions passent par une présence de terrain de tous les instants dans une relation privilégiée de proximité avec les Avignonnais en soutenant les grands projets, en accompagnant les acteurs socio-économiques et associatifs et en étant à l’écoute des habitants. Cette action, que je conduis depuis quelques années maintenant en tant qu’élue régionale, ne me semble pas compatible avec une fonction de parlementaire. Qui plus est, dans l’hypothèse où vous m’auriez confié la responsabilité de représenter le Parti socialiste aux élections législatives de juin 2012, je faisais le choix de m’engager à siéger à l’Assemblée nationale pendant 5 ans, c’est-à-dire jusqu’en 2017, entrainant de fait une impasse sur 2014 (sauf à considérer ce mandat national comme un simple tremplin, ce qui là encore ne correspond à ma vision des exigences démocratiques de notre République en crise).
Cette décision difficile mais mûrement réfléchie que j’ai souhaité vous faire partager me semble en parfaite conformité avec la sincérité et la clarté de la démarche que j’ai toujours suivie.
Au-delà de ce choix, mon souhait est de m’investir fortement dans la campagne présidentielle qui s’annonce au côté de notre candidat, François HOLLANDE, dont j’ai été dans le Vaucluse, l’un des premiers soutiens. Je mesure en effet les aspirations au changement des Françaises et des Français dans ce contexte de crise qui les frappe si durement aujourd’hui. Ce rôle je l’assumerai, bien évidemment en toute loyauté, au côté de la candidate qui sera désignée au sein de la 1ère circonscription pour représenter le Parti socialiste aux élections législatives de juin 2012.
Vous l’aurez compris, cette décision n’est pas un renoncement, bien au contraire. Elle est l’annonce d’un choix, celui d’Avignon et des Avignonnais. Je souhaite aujourd’hui encore plus qu’hier y concentrer toute mon énergie et la force de mes convictions et je sais pouvoir compter sur vous toutes et tous pour y aboutir!
Cécile HELLE."