¤ PETITES PRECISIONS SUR LE PROJET DE TRAM DE MADAME ROIG
"Il ne s'agit pas pour moi d'épiloguer sur le revirement de François MARIANI, Président de la Chambre de commerce et d'industrie, jusqu'alors plutôt réticent au projet de tramway de Madame ROIG et dont on apprend ce matin qu'il est finalement pour. Simplement de rappeler et préciser les quatre idées fortes de mon positionnement sur cette question.
- J'ai toujours soutenu l'idée que c'est bien dans le cadre d'un projet global à l'échelle de l'agglomération d'Avignon que devait être abordée la question des transports et des mobilités. A mes yeux, les réponses doivent dès lors être multiples, cohérentes et complémentaires. Dès lors, réduire ma position à remplacer le tram par le TER est non seulement caricatural mais aussi inexact. L'idée que j'ai en effet très tôt défendue comme projet alternatif au tram est un projet articulant intelligemment utilisation du train (TER) et des bus à haut niveau de service (BHNS). De ce point de vue, il me semble important de rappeler qu'à l'horizon 2015, lorsque la ligne ferroviaire Avignon/Carpentras aura été ouverte, ce sont près de 10 gares TER qui seront en service sur le territoire de la CoGA, répondant ainsi au voeu formulé par François MARIANI de "relier Avignon à la myriade de petites communes qui s'ignorent car elles ne sont pas connectées par des transports en commun efficaces".
- Si j'ai fait cette proposition alternative, c'est aussi parce que j'ai souhaité dénoncer des tracés qui ne me semblent pas adaptés aux enjeux de déplacements qui se posent aujourd'hui au sein de notre agglomération. Faut-il rappeler qu'à l'exclusion du prolongement de la ligne 1 vers Le Pontet, ces tracés sont exclusivement avignonnais? Un peu court me semble-t-il pour une agglomération de 13 communes séparées par 15 KM du Nord au Sud et 35 KM d'Ouest en Est. Il faut donc prévoir un réseau de transport en site propre plus ambitieux qui ira chercher plus loin dans le Gard, dans le Vaucluse les habitants du Grand Avignon, ce que permettrait un BHNS car c'est un système de transport beaucoup moins coûteux. Par ailleurs, je rappelle que les deux tracés actuels laissent de côté la plupart des pôles d'emploi de l'aire avignonnaise (ni l'hôpital ni les principales zones d'activité économiques et de formation ne sont desservies), alors que toutes les études démontrent que le premier motif de déplacement des ménages dans une agglomération est lié au travail.
- Se pose également la question du coût de ce projet: 250 millions d'euros d'ores et déjà annoncés soit 3 à 4 fois plus qu'un projet comparable avec un BHNS. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard, à l'heure où l'argent public devient rare, si de plus en plus d'agglomérations de taille comparable à la nôtre s'interrogent et optent certes pour un TSCP mais de type bus. J'invite à ce propos à lire le très instructif article paru le 18 décembre dernier dans la Gazette des communes et les débats citoyens qui se font jour autour de projets de tram dont l'opportunité se trouve aujourd'hui posée dans de nombreuses agglomérations: "Mais faute de moyens, ou de trafic suffisant, les élus se tournent de plus en plus vers une nouvelle génération de bus, dite “à haut niveau de service” (BHNS) en appliquant les mêmes recettes. Dans la pratique, ce bus moderne qui coûte trois ou quatre fois moins cher à construire qu’un tramway, se distingue par son site propre (une voie réservée) qui lui permet de garantir fréquence, rapidité et régularité. Autant de qualités propres au tramway".
- Enfin les enjeux de développement et d'aménagement de notre agglomération sont colossaux : ils ne se limitent pas, et Monsieur MARIANI le sait bien, au seul domaine des transports. Notre agglomération est également en panne de toute dynamique économique faute de projet. Les tensions sur le marché foncier y sont réelles faute d'une politique publique volontariste dans ce domaine et résolument orientée principalement vers la construction de logements sociaux. La qualité de vie du point de vue des aménagements urbains, des espaces et des équipements publics, là encore, n'est pas à la hauteur d'une agglomération de plus de 180.000 habitants. Seul un projet territorial ambitieux intervenant sur ces multiples enjeux et de manière simultanée permettra à notre agglomération de sortir de son marasme et de franchir un seuil qualitatif lui assurant de retrouver attractivité économique, création de richesses et d'emploi, seules garantes d'un mieux vivre pour les habitants et d'une réelle solidarité entre les communes, petites ou grandes. Mais une telle ambition aura un coût, voilà pourquoi je suis convaincue qu'il ne faut pas, si vous me permettez l'expression, "mettre tous ses œufs dans le même panier"!"