¤ POUR L'OUVERTURE DU FESTIVAL D'AVIGNON, JE SUIS ALLEE...
"Pour l'ouverture du Festival d'Avignon, je suis allée voir l'exposition de Sophie CALLE à l'église des Célestins et j'ai été subjuguée par l'évocation de sa mère décédée le 15 mars 2006. J'ai aimé la déambulation qu'elle nous offre dans ce lieu fabuleux, brut avec son sol en terre battue, jalonné de recoins et de niches pour découvrir moments et objets intimes de la mère de Sophie CALLE, évocations aussi de leur relation ambiguë. Il y a les photos bien sûr, celles à taille réelle des cercueils alignés mais il y a aussi ce film réalisé au pied du lit dans lequel Rachel, Monique vivait ces derniers instants et que l'on découvre en écartant de grands rideaux de dentelle blanche. Il y a surtout Sophie CALLE, elle-même, qui a décidé tout au long du Festival de lire les seize journaux intimes que sa mère lui a confiés quelques jours avant de mourir. Ces carnets, Sophie CALLE les découvrira en même temps que nous: elle l'a voulu ainsi pour "réaliser cette exposition "avec" elle". C'est une performance à laquelle elle nous invite pendant 21 jours car elle ne sait pas d'avance comment elle réagira à la lecture de ces textes inédits qui nécessairement lui évoqueront nombre de moments, plus ou moins heureux et douloureux, partagés avec sa mère.
Pour l'ouverture du Festival d'Avignon, je suis allée voir la pièce de Simon MAC BURNEY, "Le Maitre et Marguerite" dans la cour d'honneur et j'ai été transportée par ce spectacle total. J'ai rarement vu en effet une pièce de théâtre qui parvenait à s'inscrire avec une telle résonance et harmonie dans cet espace fabuleux que constitue la cour d'honneur du Palais des Papes. Ce pari audacieux, Simon MAC BURNEY l'a relevé et ce faisant, il nous donne à voir de fabuleux moments poétiques comme lorsque le Maître et Marguerite s'enfuient en chevauchant un cheval constitué de chaises, image qui occupe, par une subtile projection, l'ensemble du mur de la cour d'honneur. Mais il y aussi bien présents les messages de l'œuvre de Mikhaïl BOULGAKOV: la peur des artistes face à l'oppression, la présence du mal(heur) à toutes les époques de notre histoire, les déviances des hommes qui font tendre vers l'injustice et l'horreur des causes qui au départ apparaissent justes...
Pour l'ouverture du Festival d'Avignon, je suis allée voir avec la Ministre de la Culture Aurélie FILIPPETTI, le site de la FabricA et l'exposition de Fanny BOUYAGUI "Soyez les bienvenus". L'occasion de nouveau de mettre à l'honneur le beau projet de lieu de création et résidences d'artistes voulu et porté par les deux directeurs du Festival, Hortense ARCHAMBAULT et Vincent BAUDRILLER. L'occasion également de rappeler à la Ministre les enjeux entourant ce beau projet aussi bien du point de vue des délais de réalisation relativement contraints puisque l'objectif est bien une ouverture pour le festival 2013 que du point de vue de son intégration au cœur des quartiers ouest de la ville d'Avignon et dans un lien étroit avec les habitants qui y vivent. Quant à l'exposition de Fanny BOUYAGUI, partant de l'évocation à travers photos et témoignages, de la migration vers la France de son père sénégalais, elle est une interrogation sur la motivation des migrants africains à rejoindre l'Europe. Fanny BOUYAGUI nous invite en déambulant entre des monticules de détritus à découvrir des objets, photographies et vidéos qu'elle a collectés à Agadez et à Castel Volturno en Italie pour témoigner de ces parcours souvent chaotiques où l'espoir se mêle à la désillusion.
Pas de doute donc, pour l'ouverture du Festival d'Avignon, j'ai ressenti l'émotion et les questionnements que suscite toute aventure culturelle!"
Pour voir l'album photo de la venue de la Ministre de la Culture à Avignon, cliquez ici!