¤ TRANSFERTS D'EQUIPEMENTS CULTURELS MAIS POUR QUOI FAIRE?

Publié le par Cécile Helle / Photo: Alain-Franck Verse

"Dans moins d'un an, le Festival, l'OLRAP, l'Opéra Théâtre et l'école d'art auront été transférés à la Communauté d'Agglomération du Grand Avignon. Ainsi l'a voulu et l'a imposé Madame ROIG, maire d'Avignon et Présidente de la CoGA, lors du dernier conseil communautaire du 13 février dernier.

Mais la précipitation et l'impréparation d'une telle annonce montrent qu'il s'est plus agi pour Avignon de s'aménager un appel d'air financier (en se délestant de plus de 10 millions d'euros de dépenses annuelles de fonctionnement et au moins autant en dépenses d'investissement sur les budgets 2013 et 2014) que de s'inscrire dans un réel projet culturel d'agglomération réfléchi et co-construit avec l'ensemble des acteurs concernés. Sinon comment expliquer que la question des musées n'ait pas été abordée, ni celle des bibliothèques? Comment expliquer aussi que ne soient pas évoquées les synergies possibles avec les structures culturelles existantes dans les autres communes de l'agglomération? Transférer l'école d'art, après le conservatoire, pourquoi pas? Mais pour répondre à quelle ambition en matière de sensibilisation et diffusion des pratiques artistiques et culturelles dès le plus jeune âge? Pour quelles exigences vis-à-vis des établissements scolaires? Et pourquoi ne pas faire de la collection Lambert, le grand musée d'art contemporain de notre agglomération profitant de l'étape clé que constitue son extension dans l'hôtel de Montfaucon? 

Il peut y avoir une réelle pertinence à transférer à l'échelle d'une agglomération des équipements et structures culturels dont l'impact territorial dépasse largement le cadre stricte de la ville d'Avignon, ne serait-ce que pour répartir les charges de centralité sur toutes celles et ceux qui bénéficient directement ou indirectement de ces équipements. Par contre le transfert du Festival d'Avignon apparaît plus contestable, et ce pour plusieurs raisons. D'une part parce que l'Histoire de cet événement théâtral internationalement reconnu est indissociablement liée à l'histoire culturelle de notre ville. D'autre part parce qu'il importe que la ville d'Avignon, et notamment son maire, garde une place prépondérante dans la gouvernance de l'association de gestion du Festival d'Avignon. C'est un point crucial sur lequel il convient, à mes yeux, de ne rien lâcher. C'est la raison pour laquelle je ne trouve vraiment pas opportun ce transfert à la communauté d'agglomération du Grand Avignon. Je suis par contre favorable, sous certaines conditions, à l'intégration de la CoGA dans le tour de table des financeurs du Festival, ce qui n'est évidemment pas du tout la même chose. Il s'agira par là d'accompagner le mouvement d'essaimage des spectacles du Festival initié par Hortense ARCHAMBAULT et Vincent BAUDRILLER (spectacles ayant lieu selon les années à Villeneuve-les-Avignon, Vedène, Le Pontet, Montfavet...), tout en suivant la voie déjà empruntée par d'autres territoires: Aix-en-Provence par exemple avec son festival d'art lyrique. Cet élargissement permettra d'accroître l'assise financière du Festival, notamment face aux nouveaux défis qui l'attendent, par exemple avec l'animation à l'année de la FabricA, lieu de répétition et de résidence installé au cœur des quartiers Monclar et Champfleury. Il se traduira aussi par l'intégration d'un représentant de la CoGA au sein du CA du Festival au même titre que sont déjà présents outre la ville et l'Etat, le Conseil général de Vaucluse et la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Mais la ville et l'État doivent demeurer les chefs de file de la conduite stratégique du Festival, tant du point de vue de la nomination de son directeur que de son devenir... dans une coordination bien comprise avec les autres membres institutionnels du CA, ce que stipulent d'ailleurs aujourd'hui les statuts.

L'enjeu n'est donc ni dans les inquiétudes politiciennes exprimées par certains ni dans les déclarations ostentatoires que ne croit que celle qui les tient! Rappelons sur ce point précis, que c'est bien en 2003, du vivant et sous la mandature de Marie-Josée ROIG, que la ville a perdu la présidence du Festival d'Avignon au bénéfice d'une personnalité qualifiée! L'enjeu pour notre territoire est de se doter d'un projet culturel ambitieux qui permette à chaque habitant d'avoir un accès privilégié aux pratiques culturelles et artistiques quelle que soit la commune de notre agglomération dans laquelle il réside. Et pour Avignon, l'enjeu est de faire en sorte que le devenir du Festival reste indissociablement lié à son propre devenir: c'est en effet de notre Histoire dont il s'agit!"

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Publié dans Pour Avignon

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