¤ UNE BIEN BELLE EDITION DU FESTIVAL D'AVIGNON 2012!

Publié le par Cécile Helle / Photo: A. F. Verse

"Il y a d'abord eu la superbe proposition de Simon MAC BURNEY dans la cour d'honneur du "Maître et Marguerite" dès l'ouverture le 7 juillet. Une création qui fait résonner le Palais des Papes comme rarement pour une vraie réussite théâtrale avec un mur d'enceinte sur lequel apparaissent tour à tour un cheval au galop, un Christ sur sa croix, des flocons de neige qui voltigent dans la nuit noire...

Il y a eu ensuite le spectacle poétique et magique de Sidi LARBI CHERKAOUI à la carrière Boulbon où aux chants polyphoniques corses répondent la mélodie d'un percussionniste japonais et la voix enivrante d'une chanteuse libanaise. Il y a du Sud dans cette proposition du chorégraphe flamand, il y a des cultures qui se rencontrent et s'apprivoisent, il y a aussi la beauté de corps qui s'évitent, se répondent, tentent de s'inscrire dans cet univers minéral... Et les pierres comme les danseurs s'entrechoquent pour un puzzle sans cesse recommencé.

Mais il y a aussi au Cloître des Carmes "Six personnages en quête d'auteur", actualisation contemporaine du texte de PIRANDELLO proposée par un Stéphane BRAUNSCHWEIG, inspirée et servie par un formidable jeu d'acteurs.

Il y a enfin le spectacle génial et jubilatoire de Christophe HONORE dans la cour du lycée Saint Joseph "Nouveau Roman". Là aussi les acteurs sont formidables et servent magnifiquement des extraits des textes puisés dans les œuvres majeures qui ont fondé le Nouveau Roman. Le spectacle est total, presque "loufoque" parfois, mais ce sont du bonheur et du plaisir à l'état brut qui nous sont offerts pendant plus de trois heures. Nathalie SARRAUTE, Michel BUTOR, Marguerite DURAS, Claude MAURIAC... deviennent des amis avec lesquels on irait bien prendre un verre après le spectacle pour deviser sur cette forme littéraire qui prétend "ne rien vouloir dire" pour finalement "aspirer à tout dire"!

Un grand merci donc alors que nous n'en sommes qu'à la mi-parcours de cette édition 2012, à Hortense ARCHAMBAULT et Vincent BAUDRILLER pour cette belle programmation, meilleur hommage possible rendu à Jean VILAR dont on fête cette année le centenaire de la naissance. Merci à vous deux pour ces instants magiques proposés depuis le 7 juillet, pour cette culture vivante, inventive, énergique, résolument dans son temps et de son temps! Depuis quelques années, le théâtre et Avignon vous doivent beaucoup..."

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M
Les "pavés" du spectacle de Sidi LARBI CHERKAOUI qui à un moment servent d'objet pour une lapidation après que les danseurs se soient heurtés à un mur renvoient aussi sans doute à une lecture des<br /> sociétés qui lapident des femmes, qui obligent à une "guerre des pierres". Ces mêmes pavés qui nous font en France et pour notre génération penser à Mai 68. Ils permettent également un sentiment<br /> d'union lorsqu'ils sonnent à l'unisson.
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