¤ ET SI L'ESPOIR POUR 2012 VENAIT DU PEUPLE!
"Après le printemps arabe qui a renversé les dictatures en Tunisie et en Egypte et qui continue de bousculer les gouvernements autoritaires en Libye et en Syrie qui n'hésitent pas à tirer sur leur propre peuple, l'espoir se lève aussi en Europe, plus précisément en Espagne avec le mouvement spontané des indignés (los indignados).
Depuis le 15 mai dernier, la place de la Puerta del Sol à Madrid est le symbole de cette mobilisation poussée par une jeunesse sans espoir et sans avenir, aujourd'hui épaulée par des femmes et des hommes de toutes générations, qui veulent le changement maintenant et qui revendiquent la démocratie réelle. Partout dans la capitale espagnole, au coin d'une rue, sur une place de quartier, des assemblées générales spontanées se tiennent pour débattre certes des problèmes économiques et sociaux, ceux qui apparaissent les plus cruciaux aujourd'hui pour la société espagnole, mais également de questions plus profondes comme le partage des richesses, la place des citoyens dans des décisions qui les concernent, la revendication d'une démocratie plus transparente et participative. Mouvement tout à la fois spontané, autogéré, pacifiste et civique puisqu'il s'agit de se réapproprier le débat public, de faire sens collectivement pour refonder la res publica et d'agir politique tout en refusant les partis et les syndicats, c'est-à-dire les structures traditionnelles sur lesquelles se fondent les démocraties européennes et qui n'ont plus la confiance d'un nombre visiblement croissant de citoyens.
Même s'il est difficile aujourd'hui de prévoir ce qu'il adviendra de ce mouvement des indignés, ce qui est impressionnant à mes yeux, ce sont bien ces femmes et ces hommes qui se lèvent et qui décident de prendre leur destin en main, à l'image également de ces 25 Islandais qui réfléchissent aujourd'hui au nom de tous les leurs à ce que sera la future constitution de leur pays, après que leur classe politique et dirigeante se soit fourvoyée dans la banqueroute. Nous aurions tort en France, à considérer parce que la situation économique et sociale de notre pays apparaît moins préoccupante que celle de l'Espagne ou de l'Islande, qu'une telle mobilisation ne puisse se produire. Il suffit pour s'en convaincre de regarder le taux de chômage et le taux d'abstention des jeunes, d'évoquer le creusement de l'écart de revenus entre les plus pauvres et les plus riches ou bien encore la mise à mal des services publics, au premier rang desquels l'Ecole laïque et républicaine.
Il y a urgence pour le Parti socialiste, pour ses dirigeants comme pour ses militants, à écouter ce peuple qui souffre et qui n'en peut plus et à co-elaborer avec lui des propositions très concrètes et précises démontrant qu'une autre société est possible! N'oublions pas en effet que la démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple."