¤ QUELQUES NOUVELLES DE LA ROCHELLE!

Publié le par Cécile Helle / Photo: A. F. Verse

"L'heure de la rentrée a sonné et me voici depuis hier à La Rochelle pour assister au séminaire des élus socialistes et républicains. Plénières, tables-rondes, ateliers thématiques et moments de convivialité partagée se succèdent dans une ambiance studieuse, tout le monde ayant conscience, en premier lieu les ministres qui participent à ce rendez-vous incontournable du calendrier politique du Parti socialiste, de l'immensité de la tâche qui nous revient après les belles victoires aux Présidentielles et Législatives.

Hier après-midi, j'ai ainsi pu assister à une très intéressante table-ronde consacrée aux leçons des scrutins nationaux pour la République et les territoires. Les différents intervenants ont porté des éclairages successifs sur les scores enregistrés par Marine LE PEN, ainsi que sur les fondements et la sociologie de l'électorat d'extrême-droite.

C'est d'abord Jérôme FOURQUET, directeur adjoint du département opinion publique de l'IFOP, qui, à l'aide de schémas graphiques très évocateurs, a montré les évolutions respectives des votes en faveur de François HOLLANDE et de Marine LE PEN en fonction de la distance au centre ville. Les principaux enseignements de ces schémas sont éloquents: les villes et les campagnes ont voté très majoritairement pour le futur président de la République: ce dernier enregistre en effet sur ces territoires des scores systématiquement supérieurs à son score national. Par contre, dans tous les territoires périurbains, ceux situés entre 20 et 40km, c'est l'inverse qui se produit: François HOLLANDE bénéficie de résultats plus faibles que sa moyenne nationale. Mais là où l'analyse est encore plus intéressante, c'est que le vote pour Marine LE PEN présente des tendances totalement opposées. Ainsi, ce que nous avons malheureusement pu observer dans notre département, le Vaucluse, se retrouve au niveau national: c'est dans les communes périurbaines qui entourent Avignon, Carpentras, Orange, Cavaillon que l'on a le plus voté pour le FN et c'est également dans ces communes que l'on observe les plus fortes progressions du parti d'extrême-droite.

Pour aller au-delà de ce constat, Alain MERGIER, sociologue spécialiste des questions d'opinion, a tenté d'expliquer les fondements de ce vote FN. Et là encore la démonstration a été séduisante. Les électeurs du FN ont le sentiment de s'enfoncer chaque jour un peu plus dans une situation de relégation, de déperdition dans laquelle dominent la peur de l'imprévisibilité et l'insécurisation qui recoupe trois dimensions: insécurité physique, insécurité économique, insécurité culturelle. Ce vécu et ce ressenti apparaissent exacerbés chez les ménages qui habitent dans les communes périurbaines et qui se vivent en oubliés des politiques publiques. Pour eux, l'éloignement à la ville est synonyme tout à la fois d'oubli et d'angoisse de l'endettement.

Demeure maintenant pour nous, militants et élus, l'impérieuse nécessité, éclairés par ces analyses, d'agir d'abord en renouant le dialogue avec ces citoyens, ce qui passera en premier lieu par une écoute et une compréhension de leurs maux, mal-vivre et mal-être, surtout en trouvant des réponses concrètes à leurs difficultés et à leurs attentes. Cela doit être une priorité pour nous, hommes et femmes de Gauche, tant nous voyons que nous partons de loin. Les choses ne seront pas simples: elles invitent à corriger les errements d'un modèle d'urbanisation inspiré de l'idéologie libérale dans lequel c'est la logique du laisser-faire qui prévaut au détriment du volontarisme public et dans lequel seuls s'en sortent ceux qui en ont les moyens."

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P
Bonne rentrée, bon courage et à très bientôt le 28 Août prochain.
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